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Nemesis

Le modèle NEMESIS (New Econometric Model of Evaluation by Sectoral Interdependency and Supply) a été construit par l’équipe ERASME avec le soutien en France de l’Ecole Centrale de Paris, de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris et de l’Université de Paris-I, et la collaboration d’un consortium européen composé notamment du laboratoire ICCS E3M-LAB de l’université d’Athènes pour les aspects énergétiques et environnementaux, du Bureau fédéral du Plan belge pour l’élaboration du cadre comptable,  les développements logiciel et la simulation, et de l’université de Maastricht et de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne pour tout ce qui a trait à l’économie de la connaissance et de l’innovation.

NEMESIS est composé d’un système de modèles sectoriels détaillés pour chacun des 27 pays de l’Union Européenne et de modèles plus simplifiés pour les zones du reste du monde. Chaque modèle de pays comporte au centre un « modèle du cœur économique » qui dialogue avec un système de trois modules périphériques : un module énergie-environnement, un module agriculture, et un module d’occupation des sols.

La façon de concevoir et de décrire la trajectoire macroéconomique avec le modèle NEMESIS peut être considérée comme « hybride », c’est-à-dire comme la combinaison entre d’un côté une force résultant de l’interaction entre secteurs et activités très hétérogènes, tels que des secteurs très progressistes comme les biotechnologies ou les technologies de l’information et de la communication, et des secteurs plus traditionnels tels que l’agriculture ou certaines activités de services.  Cette résultante est de nature « bottom-up », c’est-à-dire « de bas en haut », car les forces d’interaction apparaissent à un niveau détaillé et l’essence même de la dynamique résulte dans l’hétérogénéité des secteurs. Cette résultante « bottom-up » est ensuite combinée à une force plus macroéconomique (d’où la forme « hybride ») qui tient au comportement d’épargne du consommateur. Ces deux forces sont interdépendantes et la résolution du modèle se produit par différentes itérations ; la force macroéconomique globale qui imprime au modèle sa trajectoire de moyen terme est donc la somme de ces deux dynamiques « bottom-up » et « top-down ». Les interdépendances sectorielles sont traduites par des matrices de conversion (échanges de biens intermédiaires et de biens d’investissement) ce qui est classique ; mais ce qui est novateur ici c’est que les échanges entre secteurs sont étendus à la connaissance (knowledge spillovers) composée de la R&D et des innovations, par l’intermédiaire des matrices d’échange de brevet et de proximité technologique.

Le modèle est « économétrique ». Cela veut dire que ses équations ne sont pas immédiatement dérivées de conditions d’optimalité, même si les comportements des agents obéissent implicitement à des maximisations. Cela permet d’aménager le modèle, qui sert de cadre de cohérence, pour modifier certaines fonctions  de comportement, notamment celles sur lesquelles la prospective diagnostique des ruptures de tendance (par exemple sur le taux d’épargne).

La principale source de données du modèle est l’office européen de statistique EUROSTAT, dont sont issues les principales données économiques (Agrégats nationaux, comptes de secteurs, comptes d’agents). Les données d’EUROSTAT sont parfois complétées par d’autres sources pour les besoins plus spécifiques du modèle : Commerce extérieur (EUROSTAT et CEPII), Recherche et Développement (EUROSTAT, OCDE et IPTS), démographie (EUROSTAT et IIASA), données physiques d’énergie et prix des énergies (EUROSTAT et AIE), émissions de gaz à effets de serre (AEE) et utilisation des sols (EUROSTAT et CORINE Land Cover). Pour la France, toutes les données économiques du modèle sont disponibles dans la nomenclature NES 36  de l’INSEE, grâce à l’interfaçage du modèle avec une maquette développée par le CAS ; les autres sources sont l’INSEE pour la démographie, la DGEC pour les consommations physiques d’énergie et le CITEPA pour les émissions de gaz à effet de serre.

Le logiciel de simulation IODE, développé par le Bureau Fédéral du Plan belge, a permis la gestion de ce gros modèle de plus de 350.000 variables et équations. IODE permet notamment d’utiliser des méthodes d’inversion du statut de variables endogènes qui deviennent exogènes pour atteindre des objectifs (Goal-seeking algorithm).

Cliquez-ici pour télécharger le manuel de NEMESIS : Partie I - Partie II